Le colloque « CAA et TSA-DV : Langages pluriels » a rassemblé professionnels, familles et personnes concernées autour d’un enjeu central : permettre à chacun de communiquer, quelles que soient ses difficultés.
La communication : un droit fondamental
La communication ne se limite pas à la parole. Elle englobe les gestes, les regards, le corps, les objets ou encore les outils numériques. Pour les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) associé à une déficience visuelle (DV), l’accès à la communication peut être complexe, mais il reste un droit essentiel.
La Communication Alternative et Améliorée (CAA) vise précisément à offrir des moyens adaptés pour comprendre, s’exprimer et interagir. Elle permet de choisir, refuser, partager, exister dans la relation.

Dépasser les idées reçues
Le colloque a insisté sur plusieurs points clés :
- La CAA ne bloque pas le langage oral, elle peut au contraire le soutenir.
- Elle peut être introduite à tout âge, sans attendre.
- Aucun prérequis n’est nécessaire pour commencer.
Le principe fondamental est de présumer des compétences de la personne, plutôt que de se focaliser sur ses limitations.
Une communication plurielle
Chez certaines personnes TSA-DV, la communication passe aussi par le corps. Le toucher, le mouvement ou les réactions sensorielles deviennent alors des moyens d’échange.
Des approches comme le dialogue somatique montrent que le corps peut être un véritable langage. Cela demande aux professionnels une grande capacité d’observation et une posture attentive.
L’importance des adaptations
La déficience visuelle nécessite d’adapter les outils de communication :
- pictogrammes contrastés ou agrandis,
- supports tactiles,
- objets repères,
- outils sonores ou numériques.
Ces choix reposent sur une évaluation précise de la vision fonctionnelle, car chaque personne perçoit son environnement de manière unique. La déficience visuelle ne se résume pas à une perte d’acuité.
Elle peut concerner :
- le champ visuel,
- la perception des contrastes,
- la reconnaissance des formes,
- les troubles visuo-spatiaux,
- la compréhension des images,
- l’attention visuelle.
Une évaluation pluridisciplinaire permet de choisir un support réellement accessible : pictogrammes contrastés, objets tactiles, synthèse vocale, guidage moteur ou encore repères sensoriels.
Le bon outil n’est jamais universel : il se construit à partir de la personne, de son environnement et de ses besoins.



Des outils au service de la personne
De nombreux dispositifs ont été présentés : tableaux de communication, supports numériques, objets tactiles ou carnets de vie. Tous ont un point commun : ils doivent être personnalisés, évolutifs et utilisés dans le quotidien. La CAA ne se résume pas à un outil : c’est une démarche globale, construite avec la personne.
Une démarche collective
La communication est une responsabilité partagée. Elle implique :
- les professionnels,
- les familles,
- les aidants,
- l’ensemble des lieux de vie.
La réussite repose sur la cohérence, la répétition et la collaboration.
En conclusion
Le colloque « CAA et TSA-DV : Langages pluriels » rappelle une évidence souvent oubliée : communiquer ne signifie pas forcément parler. Certaines personnes utilisent des gestes, d’autres un regard, un objet, une texture, une vibration, une tablette ou un partenaire de communication. L’essentiel n’est pas la forme du langage, mais la possibilité d’exister dans la relation. Chaque personne a sa manière d’exprimer ses besoins, ses émotions et ses pensées. La CAA permet de reconnaître cette diversité et de donner à chacun une place dans la relation.
C’est avant tout une question de regard : croire en la capacité de communiquer, et tout mettre en œuvre pour la rendre possible.
Retour en vidéo sur ces deux journées.
Consulter les Actes du colloque.
Les supports des intervenants sont accessibles uniquement aux participants.
Quelques impressions des participants à l’issue du colloque :
« La table ronde du deuxième jour avec la famille et la personne concernée était très interactive et riche de regards croisés sur ces expériences de mise en oeuvre de CAA.«
« C’est ma première participation et j’ai été impressionné par la qualité des intervenants et des échanges. Bravo! »
« Complet, diversifié et accessible. »
« Agréable de pouvoir échanger en direct avec les personnes, de découvrir ou redécouvrir des outils. »



